Expérience du bon samaritain

L’Expérience du Bon Samaritain

La plupart des gens, dans les mondes de l’Ouest et du Moyen-Orient, comprennent l’histoire du Bon Samaritain, quelle relation elle a au comportement d’aide.

Dans cette célèbre parabole, un rabbin et un lévite ignorent un homme blessé et le dépassent, un samaritain étant le seul à s’arrêter et à l’aider.

Dans le monde moderne, cette parabole devient de plus en plus pertinente. On compte de nombreux exemples de victimes d’actes criminels qui sont ignorées et ne sont pas aidées ; il suffit d’ouvrir un journal ou de regarder les nouvelles à la télévision.

Dans cet esprit, en 1978, une expérience a été construite, par Darley et Batson, pour tester les faits ayant pu engendrer cette histoire et étudier le comportement altruiste.

Les variables à tester étaient la hâte relative du participant et la façon dont ils occupaient leurs esprits avec d’autres sujets ; on a soutenu que, parce que les pensées du rabbin et du lévite portaient sur des questions religieuses et spirituelles, ils auraient été trop distraits pour s’arrêter et aider.

L’expérience a été construite comme suit :

Les chercheurs de l’expérience avaient trois hypothèses qu’ils voulaient tester ;

  1. Les gens qui pensent à la religion et aux principes supérieurs ne seraient pas plus enclins à montrer des comportements d’aide que les laïcs.
  2. Les gens pressés seraient beaucoup moins susceptibles de montrer un comportement d’aide.
  3. Les personnes qui sont religieuses à des fins personnelles seraient moins susceptibles d’aider que les personnes religieuses pour se forger un point de vue spirituel et personnel sur le sens de la vie.

Des étudiants en études religieuses ont été recrutés pour cette expérience et ont dû remplir un questionnaire sur les affiliations religieuses et les croyances, afin d’évaluer et de juger les résultats de l’hypothèse 3.

Les étudiants ont reçu une formation et un enseignement religieux, puis on leur a dit de voyager d’un bâtiment à l’autre. Entre les deux bâtiments, un homme était blessé et semblait avoir un besoin urgent d’assistance.

La première variable dans cette expérience était le degré l’urgence inculqué aux sujets, on a dit à certains de ne pas se précipiter et à d’autres que la vitesse était essentielle.

L’état d’esprit relatif du sujet a également été testé, un groupe étant informé qu’il donnerait des conférences sur les procédures au séminaire, les autres qu’ils allaient parler du «Bon Samaritain».

Les expérimentateurs ont construit un plan à six points pour évaluer les comportements d’aide, allant de l’apparence de ne pas même se rendre compte de la victime, au refus de partir jusqu’à ce que l’aide soit trouvée, et que la victime soit entre de bonnes mains.

Les résultats de l’expérience étaient intéressants, la précipitation relative du sujet étant le facteur dominant. Lorsque les sujets n’étaient pas pressés, près des deux tiers se sont arrêtées pour aider. Lorsque les sujets étaient pressés, cela a chuté à un sur dix.

Les personnes qui étaient partis pour donner un discours sur l’aide aux autres étaient près de deux fois plus susceptibles d’aider que celles qui  donnaient d’autres sermons, ce qui montre que les pensées de l’individu étaient un des facteur dictant le comportement d’aide.

Les croyances religieuses ne semblent pas faire beaucoup de différence sur les résultats ; être religieux pour un gain personnel, ou dans le cadre d’une mission spirituelle, n’a pas semblé avoir un impact notable sur les comportements d’aide présentés.

Conclusions

Il semble que la seule explication majeure du refus des gens d’aider une victime est leur obsession pour la précipitation.

Même les étudiants qui parlent du Bon Samaritain avaient moins tendance à s’arrêter et à offrir de l’aide s’ils se précipitaient d’un endroit à l’autre.

Il semble que les gens qui étaient pressés ne remarquèrent même pas la victime, bien que, pour être juste, une fois qu’ils étaient arrivés à leur destination et ont eu le temps de réfléchir aux conséquences, ils ont ressenti de la culpabilité et de l’angoisse.

Ceci, au moins, indique que le fait d’ignorer la victime ne résultait pas nécessairement d’une attitude indifférente, mais d’être tellement plongés dans leur propre monde qu’ils ne voyaient pas vraiment la victime.

 

Traduit de explorable.com