L’effet caméléon

L’effet caméléon et les expériences de Chartrand et Bargh

Également appelée mise en miroir involontaire, l’effet caméléon s’applique habituellement aux personnes qui s’entendent si bien, qu’elles ont tendance à imiter la posture corporelle, les gestes de la main, les accents parlés, entre autres, l’une de l’autre. Ceci a été confirmé par les expériences Chartrand et Bargh.

La description parfaite de l’effet caméléon est le cliché qui dit:

« L’imitation est la meilleure forme de flatterie. »

Dans les relations interpersonnelles, souvent, imiter le langage corporel d’un autre peut accroître notre sympathie à ses yeux. Ce phénomène est ce que Chartrand et John Bargh appellent l’effet caméléon.

Selon Chartrand et Bargh, l’effet caméléon est la tendance naturelle à imiter les inflexions de la parole et les expressions physiques d’une autre personne. Vous pouvez remarquer que les personnes qui s’entendent bien se comportent presque de la même manière, car elles imitent involontairement la posture corporelle, les gestes de la main, les accents parlants, et autres, l’une de l’autre. Le corps rend de manière autonome l’interaction plus lisse et augmente le niveau de sympathie lors d’un contact.

Énoncé du problème

En 1999, deux professeurs de psychologie à l’Université de New York ont ​​mené des expériences qui étudient le phénomène de l’effet caméléon. Leur enquête visait à répondre aux questions de savoir si les gens se copient automatiquement, peu importe s’ils ne se connaissent pas, si cela augmente leur sympathie aux yeux de l’autre, et si les personnes plus agréables ou plus ouvertes aux opinions d’autrui affichent davantage le phénomène du caméléon.

Méthodologie

Dans la première expérience de Chartrand et Bargh, on a demandé à 78 personnes d’avoir un entretien individuel avec l’un des expérimentateurs. Les expérimentateurs présentaient des langages corporels variés. L’un souriait plus ou se touchait plus le visage, un autre bougeait plus les pieds.

Pour savoir si le mouvement du pied et le toucher du visage ont un effet direct sur l’interaction entre l’expérimentateur et les participants, les individus ont été invités à participer à la deuxième expérience.

Ici, les sujets ont encore été envoyés dans une pièce pour discuter d’une photographie avec un expérimentateur. Avec la moitié des sujets, les expérimentateurs ont maintenu une position assise neutre et détendue. Les autres ont imité les postures, les mouvements et le manières des sujets, croisant leurs jambes ou touchant leurs cheveux comme le faisait les sujets.

Ensuite, on a demandé aux participants de noter combien ils avaient aimé l’expérimentateur, ainsi que la fluidité de l’interaction vécue, sur une échelle de 1 à 9.

Dans la troisième expérience, les chercheurs ont voulu savoir quels types de dispositions psychologiques influent sur la tendance d’une personne à s’engager naturellement dans le mimétisme plus que d’autres. Les chercheurs se sont intéressés à la prise de perspective, qui est le degré de sensibilité naturelle de quelqu’un au point de vue des autres.

Dans la troisième expérience, 55 sujets ont été invités à remplir un questionnaire de prise de perspective, ainsi qu’une mesure d’empathie. Ils ont été assis en face de l’expérimentateur, qui a été chargé d’utiliser le même langage corporel, tel que le frottement du visage et les mouvements de pieds, que précédemment.

Résultats

Dans la première étude, les sujets ont visiblement copié l’expérimentateur qui leur était étranger, ce qui a été mesuré par le toucher de visage, les mouvement de pieds, et le sourire. Le toucher du visage a augmenté de 20%, mais le taux de mouvement des pieds a augmenté du chiffre significatif de 50% lorsque les participants ont été inspirés par un bougeur de pieds.

Sur la deuxième expérience, les étudiants dont les mouvements avaient été imités ont qualifié leurs expérimentateurs de plus sympathiques et ont déclaré avoir des interactions meilleures et plus fluides avec eux. Apparemment, la mise en miroir a effectivement contribué à accroître la sympathie de l’expérimentateur.

En termes qualitatifs, lorsque leurs gestes ont été copiés, les sujets ont évalué en moyenne l’amabilité de l’expérimentateur à 6,62, et la fluidité de l’interaction à 6,76. Au contraire, lorsque les sujets n’ont pas été imités, l’amabilité des expérimentateurs a été notée en moyenne à 5,91 et la fluidité en moyenne à 6,02, un peu moins que les expérimentateurs qui imitaient le langage corporel.

Sur la troisième expérience, Chartrand et Bargh ont découvert que les individus qui étaient plus ouverts aux idées d’autres personnes ont reproduit les gestes de frottement de visage 30% de plus que leurs homologues, et les mouvements de pieds 50% de plus que leurs homologues. En outre, on a découvert que la caractéristique empathique des gens n’affecte pas leur taux de mimétisme, ni leur probabilité d’afficher l’effet caméléon. Cela permet de conclure que la prise de perspective est plus cognitive que émotionnelle.

Conclusion

En conclusion, les gens se sentent en relation avec ceux qui imitent naturellement leurs mouvements.

Le mimétisme involontaire et les fonctions d’imitation aident à la cohésion sociale. L’effet caméléon devient effectivement une réponse chaleureuse qui facilite les interactions sociales. Les individus le font presque instantanément sans s’en rendre compte, et dans la plupart des cas reproduire les mouvements augmente leur sympathie.

Les personnes plus empathiques ou celles qui adoptent facilement la perspective d’autrui, sont également reconnues pour refléter plus souvent les actions des autres. « Ceux qui sont plus attentifs imitent davantage », affirme Chartrand, et se font plus d’amis dans le processus.

 

Traduit de explorable.com