Expérience du faux consensus de Ross

L’expérience du faux consensus de Ross

Tout le monde a ses propres biais dans chaque situation, même dans l’estimation des comportements d’autrui et des causes correspondantes. L’un d’eux est appelé le biais de faux consensus. Le professeur de psychologie Lee Ross a mené des études de façon à montrer comment fonctionne le faux consensus.

 Le phénomène de l’effet de faux consensus se centre sur la tendance des gens à projeter leur façon de penser sur d’autres personnes, pensant que d’autres pensent comme ils le font. Cette erreur logique peut impliquer un groupe ou simplement un seul individu qui suppose que son propre ensemble d’opinions, de croyances et d’impressions sont plus fréquentes dans le public qu’elles ne le sont réellement.

En 1977, le professeur de psychologie sociale de l’Université de Stanford, Lee Ross, a mené une recherche qui se concentre sur «les préjugés dans l’inférence, le jugement et la prise de décision de l’humain, en particulier sur les biais cognitifs, perceptifs et motivationnels, qui amènent les gens à mal interpréter les comportements des autres, et qui créent des barrières particulières à la résolution de différends et à l’implémentation d’accords de paix « .

Première étude: Méthodologie

Le professeur Ross a mené deux études visant à montrer comment fonctionne l’effet de faux consensus.

Dans la première étude, les participants ont été invités à lire les situations dans lesquelles un conflit s’est produit et ont leur a ensuite donné deux façons de répondre à la situation. On leur a demandé de faire trois choses:

  1. Deviner quelle option les autres choisiraient
  2. Dire quelle option ils choisiraient eux-même
  3. Décrire les attributs d’une personne qui choisirait probablement chacune des deux options.

Résultats

Les résultats ont évidemment montré que la plupart des sujets avaient pensé que d’autres personnes feraient la même chose qu’eux, quelle que soit la réponse qu’ils avaient choisi eux-même. Ceci valide le phénomène de l’effet de faux consensus, où un individu croit que les autres pensent comme lui le fait, alors que ça n’est en fait pas généralement le cas.

Une autre observation qui a émergé de l’étude est que lorsque les participants ont été invités à décrire les attributs de personnes susceptibles de faire chacun des deux choix, ils ont fait des prédictions extrêmes sur les personnalités de ceux qui ne partageaient pas leur choix.

Deuxième étude: Méthodologie

On a demandé à un nouveau groupe de sujets s’ils seraient prêts à faire une promenade de 30 minutes autour du campus en portant un panneau d’homme sandwich indiquant « Eat at Joe’s ». Pour motiver les sujets, on leur a dit qu’ils apprendraient quelque chose d’utile à la fin de l’étude et qu’ils étaient en même temps libres de refuser de participer s’ils n’en avaient pas l’envie.

Résultats

Les résultats de cette étude n’ont fait que confirmé que ce qui avait déjà été découvert dans l’étude précédente. Parmi tous ceux qui ont accepté de porter le costume d’homme sandwich, 62% pensaient que les autres seraient également d’accord pour le faire. Parmi ceux qui ont refusé, 33% pensaient que d’autres accepteraient de porter le costume d’homme sandwich.

Tout comme dans la première étude, les sujets dans cette étude ont fait des prédictions extrêmes sur le type de personne qui prendrait une décision contraire à la leur.

Application

Le phénomène de l’effet de faux consensus valide le fait que les gens ont tendance à juger de la façon dont les gens prennent des décisions en fonction de leur propre façon de le faire. Et si d’autres personnes décident de faire autrement, elles les considèrent comme défectueuses ou inacceptables.

 

Traduit de explorable.com