L’effet Hawthorne

L’effet Hawthorne

L’effet Hawthorne est un phénomène bien documenté qui affecte de nombreuses expériences de recherche en sciences sociales.

C’est le processus où les sujets humains d’une expérience changent de comportement, simplement parce qu’ils sont étudiés. C’est l’un des biais intrinsèques les plus difficiles à éliminer ou à prendre en compte.

L’histoire de l’effet Hawthorne

Le nom n’est pas le nom de famille d’un chercheur, mais le nom de l’endroit où l’effet a été rencontré pour la première fois.

En 1955, le chercheur, Henry A. Landsberger, a effectué une étude et une analyse de données provenant d’expériences réalisées entre 1924 et 1932, par Elton Mayo, à Hawthorne Works, près de Chicago. La société avait commandé des études pour déterminer si le niveau de lumière dans son bâtiment affectait la productivité des travailleurs.

Mayo a constaté que le niveau de lumière ne faisait aucune différence dans la productivité, car les travailleurs augmentaient leur production chaque fois que la quantité de lumière passait d’un niveau bas à un niveau élevé, et vice versa.

Il a remarqué que cet effet s’est produit quand une variable quelle qu’elle soit était manipulée, et a postulé que cela s’est produit parce que les travailleurs ont automatiquement modifié leur comportement. Ils ont augmenté la production, simplement parce qu’ils savaient qu’ils étaient sous observation.

La conclusion logique était que les travailleurs se sentaient importants parce qu’ils étaient ravis d’avoir été choisis parmi tous, et que la productivité augmentait en conséquence. Avoir été choisi était le facteur qui entraînait l’augmentation de productivité, et non les niveaux d’éclairage changeants, ni aucun des autres facteurs sur lesquels l’expérimentation portait.

L’effet Hawthorne et la recherche moderne

De nombreux types de recherche utilisent des sujets humains de recherche, et l’effet Hawthorne est un biais inévitable que les chercheurs doivent essayer de prendre en compte lorsqu’ils analysent les résultats.

Les sujets sont toujours susceptibles de modifier le comportement lorsqu’ils sont conscients qu’ils font partie d’une expérience, ce qui est extrêmement difficile à quantifier. Tout ce qu’un chercheur peut faire est de tenter de prendre en compte l’effet dans le plan de recherche, une solution compliquée, et qui fait de la recherche sociale une question d’expérience et de jugement.

Une étude de 1978, visant à déterminer si les neuro-stimulateurs cérébelleux pourraient diminuer le dysfonctionnement moteur de jeunes adultes atteints de paralysie cérébrale, a révélé que l’effet Hawthorne a eu une incidence défavorable sur les résultats. Les tests objectifs ont montré que tous les patients ont déclaré que leurs fonctions motrices s’amélioraient et qu’ils étaient satisfaits du traitement.

Les méthodes quantitatives, cependant, ont montré qu’il y avait peu d’amélioration, et les chercheurs ont invoqué l’effet Hawthorne comme facteur principal de biais des résultats. Ils croyaient que l’attention supplémentaire accordée aux patients, par les médecins, les infirmières et les thérapeutes, était à l’origine des améliorations rapportées dans l’étude initiale.

L’effet Hawthorne et la psychologie industrielle

Le travail de Mayo et Landsberger est devenu l’un des fondements d’un domaine de sciences sociales connu sous le nom de Psychologie Industrielle. Les universitaires dans ce domaine comprennent que les facteurs interpersonnels et les relations sociales dynamiques entre les groupes doivent être évalués quel que soit le type d’analyse sociale.

Si un groupe est isolé de ses collègues de travail pour les besoins de la recherche, l’attention individuelle et l’instinct humain normal pour se sentir «choisi» biaiseront les résultats.

Certains chercheurs avancent que l’effet Hawthorne n’existe pas ou est, au mieux, l’effet placebo sous un autre nom. D’autres postulent que c’est l’effet de la demande, où les sujets modifient inconsciemment leur comportement, pour qu’il corresponde aux résultats attendus d’une expérience.

Quoi qu’il en soit, il y a peu de doute que de nombreuses disciplines, de la psychologie à la gestion d’entreprise, doivent comprendre que les sujets des sciences sociales peuvent modifier leur comportement, et le font.

 

Traduit de explorable.com